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Cent ans comptés

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Lyrics

Né à la mort de mon père Tué pour l'Aigle sur la plaine J'ai appris des silences de ma mère La pudeur qu'impose la peine J'ai vu les rentiers anoblis Rentrer de par les champs déserts Où nous allions jouer entre amis Les grandes batailles de naguère De grands yeux me sauvèrent Des peurs d'enfant, du temps De ces rues pleines de colère Couronnée de blés tressés Elle riait sous l'averse d'été De mes promesses d'éternité Qu'elle était belle sous les lys L'on entendit les noces Célébrées des canons de Paris Prendre sur les ruines de sa nation Chaque nouvelle pierre des fondations Bâtir son foyer de ses mains Pour sa famille de demain Ni invention, ni révolution Ne l'emporta sur la transmission de mon nom Le monde pouvait grandir, gronder, gémir Pour les miens j'allais devoir vivre, me battre, libre de choisir J'ai tant prié sous les étoiles Que jamais nos joies ne s'éteignent Devant ton visage si pâle Il n'y a pas un cœur qui ne saigne Ton départ soudain fut le voile Qui vint assombrir ce règne Perdu dans les fièvres du mal Que tous les rois faibles craignent Toujours les mêmes vols d'étourneaux Ne laissant plus que des poussières De ce qu'ont semé les travaux De nos myriades de journalières Ils changent de ton selon les classes Vous sifflent en chantant l'air national Pour toujours le même plumage de voraces Pillant ensemble Commune et Versailles Tant de Noëls passés A rêver de se retrouver Sous l'empire des souvenirs Bien trop voir l'avenir Les ombres des hommes trop portées Nous dirigent vers l'obscurité Où seule votre lumière brille Ma mère, ma tendre, mes fils et filles J'entends les aigles haranguer Au plaisir des sansonnets Cent ans comptés que je suis né Puisse la paix tous nous emporter