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Deux kangourous devant la véranda (Bobino 1969)

Frédérik Mey
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Lyrics

Deux kangourous devant la véranda" Tragédie follement contemporaine D'après le livre de Juan-Anton Bola Qui signe également la mise en scène Ce dramaturge est une valeur sûre Chez les initiés et les critiques Dont certains voient en lui le maître Du parasymbolisme diurétique Mais voilà, le rideau se lève Le décor symbolise un trou béant Où longtemps la vision du vide Alterne avec la vision du néant Quand enfin de la fosse d'orchestre Grimpe le héros, dans son désarroi Il est dépourvu de parole Et dévêtu, cela va de soi Puis il crie "Ah, que vois-je ici paraître?" Ces mots-là ont un redoutable impact La question pèse lourdement sur le public Et ainsi finit le premier acte Et tous ceux qui raffolent de culture Et bouillonnent d'érudition Apprécient, dans l'acte premier, la verve Ainsi que la densité de l'action Apprécient, dans l'acte premier, la verve Ainsi que la densité de l'action Mais cruellement, le rideau se lève Le drame continue sans pitié Le héros s'est effondré, mystiquement Et il tient des propos orduriers Quand le destin inexorable Lui envoie une espèce de grosse fée Les deux font quelques galipettes Ensuite, ils crachent sur la Société "Bravo, une autre", hurle un critique Ému, profondément bouleversé Car il retrouve dans le drame Ses fantasmes et ses envies refoulées Pendant ce temps, on voit un traître S'approcher du couple en rampant Mais il s'endort à mi-chemin Et certains spectateurs en font autant Le héros prend un grand sac en plastique Et il emballe le traître penaud Et il arrose le tout de peinture orange Et ainsi finit le second tableau Et tous ceux qui raffolent de culture Et aiment l'apocalyptique Apprécieront, dans le second acte Un profond message socio-critique Apprécieront, dans le second acte Un profond message socio-critique Le troisième acte amène la métamorphose Du traître bien emballé Le suspens est insupportable Et l'atmosphère est survoltée La métamorphose se fait dans le sac Et le silence le plus total Heureux ceux qui ont amené leur casse-croûte Ou bien un thermos dans la salle Arrive un choeur masqué qui scande "Pitié, mais on va s'enrhumer" Ils auraient pu mieux se couvrir Car le théatre est subventionné En zigzaguant, surgit le Pape Et danse à l'apogée dramatique Un pas de deux, avec le héros Et c'est le dénouement tragique Quand le Pape comprend que le héros N'est nul autre que son impresario Il menace d'ôter ses vêtements Mais là, par pitié, tombe le dernier rideau Et tous ceux qui ne seraient pas en train De paisiblement s'ennuyer Ce sont des insomniaques incurables Ou des abonnés qu'on a couillonnés Ce sont des insomniaques incurables Ou des abonnés qu'on a couillonnés