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Dans l'ordre

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Lyrics

Tandis qu’on pulvérise haut la main tous les records, discipline extinction d’masse catégorie terre abattue, qu’on relègue les ères glacières, volcans géants et météores au rang d’amateurs en chaos, guerriers poussins, tueurs poids plumes, Tandis qu’on devrait tous enterrer la kalache de guerre, faire taire un temps les querelles, les moteurs et les menteurs, s’unir et réagir à cette logique élémentaire: y’a une urgence vitale à réparer l’élément terre, Nos dirigeants qui ont l’sens de l’humour et du spectacle, nous font un sacré cirque pour nous changer les idéaux, Copperfield lui-même appellerait ça un vrai miracle: Une nuée d’autres états d’urgence qui s’envole de leurs chapeaux. Un mandat d’inattention et hop disparait l’essentiel, l’urgence devient banale, l’anormal devient la norme. On accepte le paradoxe de l’exception perpétuelle et on attend sagement que tout rentre dans l’ordre. Et tant qu’on lorgne sur la carotte d’un retour au moins pire, on accepte docilement de laisser couler dans nos veines le ciment qui scelle entre elles les pierres de leur empire, La pyramide sociale des pharaons des temps modernes. Jour après jour on voit grandir sa taille indécente. J’voudrais rappeler ici que son coeur est un tombeau. On rêve d’ascension mais elle se nourrit de nos descentes, car plus sa base est large, plus elle peut monter haut. On a d’autres alternatives que d’laisser les riches faire de nous des rats de lobbys, pris dans des pièges à con-sommer. A défaut d’échelle sociale on peut gravir celle de Richter, faire gronder les sols pour faire trembler les sommets. On est comme un big band en face du chef d’orchestre, si on n’aime pas cette musique il suffit juste qu’on s’accorde à écrire ensemble la partition de nos vies terrestres, au lieu d’attendre sagement que tout rentre dans l’ordre. Et petit à petit on accepte l’inacceptable. On se masque, on se musèle, on s’arrête même de danser, de marcher en forêt, de pique-niquer sur le sable, on ferme nos livres, nos théâtres et nos musées. Sans contact, c’est sur la toile qu’on tisse des liens seuls. Le spectacle vivant meurt, la culture on l’assassine. Nos fous-rires sont sous Prozac, nos sourires sous linceuls, on pleure sur la graine d’autocratie qui prend racine. Avant qu’la graine soit Baobab, qu’la haine soit paysage, avant que Marianne rende les armes et son dernier souffle, avant qu’on lise cette citation sur son épitaphe: «Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles », atterrissons, à l’unisson, unissons nos efforts, mettons un temps nos petits conforts entre parenthèses. On n’a pas vu de telle crise de mémoire de dinosaures et y’a jamais eu d’révolution en charentaises. Alors dressons-nous avant que ce soit eux qui le fassent, avant qu’la constitution se transforme en QR code, avant que la planète se change en grande surface, mes amis n’attendons plus que tout rentre dans l’ordre.