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Les murs et la mer

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Lyrics

Ouais, bin La parole se blinde à coup de mots trop propres Le poème meurt dans Les moulements de la chanteuse pop Y ont mis des silencieux sur tout' Même le cœur se tait Tout le monde parle des vraies affaires Mais qui donc nous parle vrai Dans son grand bruit blanc Ma belle province étanche Cherche avidement sa voix sur Les écrans du dimanche Et chacun prend la pause Dans sa petite épopée On serait p't-être quelque chose Comme un grand peuple éclopé Tellement trop de salive à se dire qu'on vaut pas la peine Moi ma langue vive piaf dans ma bouche pleine J'ai soif sous le sourire cordialement vôtre Oui soif, soif, soif d'une mémoire à marée haute T'auras beau tout' faire pour plaire T'auras beau toujours tcheker qu'est-ce que t'as l'air Mon frère, les murs gagnent jamais contre la mer Ouais, bin L'opium du peuple c'est l'opinion toute crue Épidémie de vide qui bloque la vue Laissant l'essentiel se frapper contre un mur de mots Les pros du parlage font leur chose sur les cadavres encore chauds Haut le cœur, j'en perd des raisons d'espérer Juste le goût de me taire et de me terrer Au lieu de rapiéter du bruit par-dessus tout le bruit Dans l'espoir que cesse la grande anesthésie Oh figer, figer dans un curieux carnaval Carrousel fucké où toutes les nouvelles se valent On s'coupe nos élans à coup de débat au vinaigre Pis t'à coup, au jour de l'an Ton mon oncle tuerait des Zuma hauteur de rivage l'autre bord du monde des hommes Des femmes courent sous un ciel qui tombe Pendant qu'icitte je pioche Pioche à pas faire de faute Eux autres, au nom de la vie Défient la marre à marée haute T'auras beau t'en faire à croire T'auras beau t'enfermer dans tes frontières Mon frère, les murs ne gagnent jamais contre la mer Un graffiti me demande: êtes-vous vivant? J'ai pas su quoi répondre J'ai voulu fesser dedans La haine que tu traines C'est elle qui te nie Elle t'ameute et te mène à ta lente agonie Non mais l'entends-tu L'entends-tu la source entre tes os Quand les nouveaux rêves émergent et crève leurs eaux Quand les voix anciennes reprennent Leurs plaines en pleure Oui ta folle beauté l'f'rais dans ton fiord intérieur Dans nos mains, dans nos veines, dans nos verves à voiles L'envie d'ouvrir les valves sans que le cœur se broie L'envie d'ouvrir les bras sans jamais s'empêcher De dire et d'hurler du dur désir de durer Moi j'ai soif, soif, soif tel un gamin Faut qui saute à pieds joints Dans les vagues d'un amour à marée haute Au bout que quelqu' soupir ou quelqu' millénaire Mon frère, les murs gagnent jamais contre la mer Les murs gagnent jamais contre la mer Les murs gagnent jamais contre la mer